Scroll Top

Dématérialisation, ce qui va tout changer

La dématérialisation n’est plus un choix, c’est une obligation de plus en plus omniprésente. Factures, bulletins de paie, marchés publics, contrats bancaires : secteur après secteur, la loi impose le numérique. Comment dématérialiser sans diminuer la valeur juridique de ses documents ? Pour répondre à cette question centrale, ce guide retrace le cadre légal, détaille les usages par secteur et vous fournit la méthode clés en main pour réussir son projet de dématérialisation. 

Qu’est-ce que la dématérialisation ? Définition

La dématérialisation désigne le remplacement des supports physiques par des documents et des processus numériques. Elle concerne aussi bien un document (une facture) qu’un flux complet (l’émission, l’envoi, la réception et l’archivage de cette facture).

Deux réalités se cachent derrière le mot, que l’on confond souvent.

Numérisation ou dématérialisation : quelle différence ?

La numérisation est l’action de convertir un document papier en fichier numérique. Pour cela, on scanne un stock d’archives, un courrier reçu ou une facture papier, par exemple. Il y a toujours un document d’origine, format papier.

La dématérialisation va plus loin. Il s’agit de produire et de faire circuler des documents nativement numériques, sans passer par le papier. Par exemple, c’est le cas d’un bulletin de paie généré par le SIRH et déposé dans un coffre-fort numérique : dématérialisé de bout en bout, ce document n’a pas besoin de passer par le format papier.

L’archiviste Marie-Anne Chabin pointe la confusion entretenue par le mot « dématérialisation », employé parfois pour la numérisation d’archives papier, et parfois pour une refonte des processus. L’anglicisme « digitalisation » désigne indifféremment les deux, ce qui ajoute à la confusion.

En résumé, numériser, c’est transformer seulement un support. Dématérialiser, c’est transformer tout un processus.

Est-ce que la dématérialisation est obligatoire ?

Oui, la dématérialisation devient la norme dans un nombre croissant de cas. En tant qu’interlocuteur des instances de normalisation, l’histoire de Cecurity est étroitement liée à la dématérialisation, comme en ont fait état nos archives. 

2000 : l’écrit électronique devient une preuve

La loi du 13 mars 2000 adapte le droit de la preuve aux technologies de l’information. L’écrit électronique détient la même force probante que le papier, à condition d’identifier son auteur et de garantir son intégrité. La signature électronique obtient, sous conditions, la même valeur que la signature manuscrite. Ces principes figurent aujourd’hui aux articles 1366 et 1367 du Code civil.

2004 : le droit à la dématérialisation des actes

La loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique autorise la conclusion d’actes juridiques sous forme électronique lorsqu’un écrit est exigé. C’est l’acte de naissance du contrat en ligne.

2012-2018 : les obligations s’enchaînent

L’avocat Eric Barbry, dans une tribune publiée sur notre blog en 2013, résumait la bascule : « la dématérialisation n’est plus un choix mais une simple question de date ». Les faits lui ont donné raison.

  • Depuis 2012, l’État et les collectivités acceptent les factures dématérialisées de leurs fournisseurs.
  • La TVA se télédéclare et se télérègle obligatoirement pour toutes les entreprises depuis octobre 2014.
  • Les déclarations sociales passent par voie dématérialisée.
  • Depuis le 1er janvier 2017, l’employeur peut remettre le bulletin de paie sous forme électronique sans accord préalable du salarié, qui garde un droit d’opposition.
  • Depuis le 1er octobre 2018, la passation des marchés publics est dématérialisée au-delà d’un seuil, fixé à 40 000 € HT depuis 2020.
  • Depuis le 1er avril 2018, banques et assurances envoient par défaut leurs documents d’information au format numérique.

2026-2027 : la facture électronique pour tous

La réforme de la facturation électronique constitue la dernière étape. Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent aussi les émettre. Les PME et micro-entreprises suivront le 1er septembre 2027.

Les échanges passent par des plateformes agréées par l’administration. Cecurity.com a obtenu l’agrément Plateforme Agréée. Pour connaître en détails le dispositif de la réforme, consultez notre guide de la facture électronique.

Les avantages de la dématérialisation

Les bénéfices sont documentés depuis vingt ans par nos archives. Ils se résument en cinq points :

Réduction des coûts

Impression, mise sous pli, affranchissement, stockage physique : chaque étape supprimée est une dépense en moins. Une collectivité qui dématérialise ses bulletins de paie peut faire des économies tangibles dès les premiers mois.

Gain de temps

Avec la dématérialisation, les tâches manuelles disparaissent, comme les suivantes : classement, recherche, réédition de documents perdus… En gagnant du temps, les équipes peuvent se recentrer sur leur métier.

Accès permanent à l’information

Avec la dématérialisation, un document numérique bien archivé se retrouve en quelques secondes, n’importe où, à toute heure.

Sécurité renforcée

Contrairement à une idée reçue, un document numérique se protège mieux qu’un papier. Chiffrement, traçabilité des accès, horodatage, sauvegardes : le numérique offre des garanties supérieures aux archives papier.

Accélération des cycles

Dans la banque ou l’assurance, un contrat signé en ligne raccourcit le cycle de vente, améliore le taux de transformation et dynamise un nouveau canal commercial.

Les inconvénients et les limites de la dématérialisation

Un projet de dématérialisation doit être bien cadré, sous peine d’avoir des effets néfastes ou de vous mettre dans l’illégalité. Ce blog documente les exigences de la dématérialisation depuis 2007, avec trois axes à surveiller tout particulièrement : 

Le mythe du zéro papier

La dématérialisation ne fait pas disparaître le papier du jour au lendemain. Dès 2007, Arnaud Belleil et Bernard Lombardo-Fiault relevaient un paradoxe : la bureautique a fait exploser la production d’information, et chacun imprime ce qu’il reçoit en numérique. La part relative du papier baisse, mais pas forcément son volume.

Cependant, la dématérialisation a un véritable bénéfice sur le plan environnemental. Cela provient surtout de la réduction des transports physiques et des flux postaux, en plus de la suppression des feuilles.

La protection des données

Un document numérique circule, laisse des traces et devient vulnérable aux indiscrétions, qu’elles soient intentionnelles ou accidentelles. Le RGPD encadre ce risque : minimisation des données, durées de conservation, sécurité des traitements. L’hébergement en France, la souveraineté numérique et la conformité du prestataire sont des indispensables, d’autant plus pour le secteur public.

L’exclusion numérique

Pour une partie des usagers, la dématérialisation des services publics est une source de problèmes. Zones mal couvertes, personnes âgées et/ou peu appétentes avec l’informatique, publics en situation de précarité ou d’exclusion : une partie de la population est oubliée par la dématérialisation. En recours, beaucoup font la queue aux guichets ou alternent entre plateforme téléphonique et site internet. Un projet de dématérialisation peut conserver une alternative au numérique pour le public. Le droit de revenir au papier (gratuitement), prévu dans le secteur financier, est un exemple.

Valeur probante : la clé de tout projet de dématérialisation

Dématérialiser serait contre-productif si le document perdait sa valeur juridique. Pour l’éviter, il faut bien connaître le sujet de la « valeur probante ». C’est le métier de Cecurity.com, et un de nos chevaux de bataille, depuis 2001.

Trois briques permettent de garantir la valeur probante d’un document numérique :

  1. Intégrité : Le document n’a pas été modifié depuis sa création. La preuve est garantie par l’empreinte numérique, le cachet électronique et l’horodatage.
  2. Traçabilité : Chaque opération sur le document (dépôt, consultation, restitution) est journalisée.
  3. Conservation : Le document reste lisible et accessible pendant toute sa durée légale de conservation, dans un système d’archivage électronique conforme à la norme NF Z42-013 (ISO 14641).

Le cas de la numérisation des factures papier

Depuis 2017, une entreprise peut numériser ses factures papier et détruire les originaux. L’arrêté du 22 mars 2017 fixe les conditions : reproduction à l’identique, format PDF ou PDF/A, cachet serveur ou signature électronique, horodatage. La facture numérisée se conserve ensuite jusqu’à la fin du délai fiscal de six ans. La norme NF Z42-026 décrit la méthode de numérisation fidèle. Le sujet est détaillé dans notre article sur la copie fiable et la numérisation fidèle.

Le coffre-fort numérique, pivot de la confiance

Le coffre-fort numérique est l’outil qui matérialise ces garanties pour l’utilisateur final. Il reçoit les documents dématérialisés, les conserve de façon probante et en donne un accès permanent à son titulaire.

Une étude SerdaLab / Cecurity.com de 2017 classait les documents RH (bulletins de paie, contrats de travail) en tête des usages du coffre-fort numérique, cités par 92,3 % des répondants.

La dématérialisation par domaine

Dématérialisation des ressources humaines

Lorsqu’on parle de dématérialisation des RH, le bulletin de paie électronique est le cas d’usage le plus évident. Le Code du travail impose à l’employeur de garantir la disponibilité du bulletin pendant 50 ans, ou jusqu’aux 75 ans du salarié. Seul un coffre-fort numérique personnel remplit cette condition. Le salarié conserve ses documents même après avoir quitté l’entreprise. L’employeur n’a plus à gérer les demandes de réédition.

Les contrats de travail, avenants, attestations et documents de prévoyance suivent le même chemin. Le coffre-fort numérique et la signature électronique en sont les deux piliers.

Dématérialisation dans les collectivités

Délibérations, actes administratifs, dossiers d’urbanisme, factures, documents RH : les collectivités territoriales produisent chaque jour un volume considérable de documents. La réforme de la protection sociale complémentaire (PSC), déployée jusqu’en 2027, alourdit encore le flux RH : entre cinq et sept documents supplémentaires par an et par agent.

Les contraintes sont connues : RGPD, valeur probante, souveraineté des données, interopérabilité avec les logiciels métiers (Sedit, CIRIL, Astre), réversibilité en cas de changement de prestataire. Les solutions existent et s’intègrent au SIRH en place. L’enjeu se déplace vers l’accompagnement du changement et l’adhésion des agents.

Dématérialisation des marchés publics

La dématérialisation des marchés publics a connu un bilan mitigé pendant sa première décennie. Le plan national de 2015, puis l’obligation de 2018, ont relancé le mouvement. Candidatures, offres, échanges et signatures passent par les profils d’acheteur. Le coffre-fort électronique y trouve sa place pour conserver les attestations exigées tout au long du cycle de vie du marché, dans le respect du règlement eIDAS.

Dématérialisation dans le secteur financier

L’ordonnance du 4 octobre 2017, prise en application de la loi pour une République numérique, pose l’équivalence entre le support papier et le support numérique dans les relations contractuelles des banques et des assurances. L’envoi numérique est la règle par défaut depuis le 1er avril 2018. Le client garde trois garanties : un droit à l’information renforcé, le droit de revenir au papier à tout moment, et la gratuité de ce retour.

Les contrats en ligne

Signer un contrat reste souvent la dernière étape papier d’une relation née en ligne. Le processus traditionnel (deux exemplaires imprimés, deux allers-retours postaux, un archivage aléatoire) est une survivance. Le cadre juridique est prêt depuis 2000. Les freins sont culturels : poids des habitudes et jargon anxiogène des spécialistes de la signature électronique. Le règlement eIDAS, révisé en 2024, harmonise les niveaux de signature à l’échelle européenne et lève une partie de ces freins.

Dématérialisation de la procédure pénale

Dès 2007, un décret autorisait la transmission par courrier électronique de pièces numérisées entre avocats et juridictions, avec accusé de réception faisant courir les délais. Une première étape pragmatique vers la procédure pénale numérique, aujourd’hui généralisée.

Comment réussir sa dématérialisation : la méthode en 10 étapes

Ce plan d’action, proposé par Eric Barbry en 2013, reste la référence. Il est toujours d’actualité lorsqu’il faut poser les grandes lignes de son projet de dématérialisation. 

  1. Analyse préalable. Recenser le référentiel légal, contractuel et normatif applicable à chaque type de document.
  2. Étude d’impact. Mesurer les conséquences humaines, organisationnelles et sur les données.
  3. Politique de gestion. Définir les règles d’archivage, d’accès, d’horodatage et de migration.
  4. Documentation interne. Adapter la charte informatique et la politique d’archivage électronique.
  5. Convention de preuve. Prévoir des dispositions contractuelles opposables aux parties.
  6. Convention de dématérialisation. Fixer les règles avec les autorités de contrôle lorsque c’est requis.
  7. Protection des données. Sécuriser les traitements, informer les personnes, maîtriser les flux.
  8. Dialogue social. Informer les instances représentatives du personnel.
  9. Assurance. Couvrir les nouveaux risques.
  10. Comité de dématérialisation. Suivre les évolutions dans la durée.

À ces dix étapes s’ajoutent les trois défis rappelés par l’avocate Polyanna Bigle lors de Documation 2018 : la gestion de la preuve numérique, la gestion des données personnelles et la conduite du changement.

Cecurity.com, tiers de confiance de la dématérialisation

Cecurity.com accompagne la dématérialisation des organisations depuis 2001. Le groupe intervient sur les salons spécialisés depuis leur création (Dématérialiser, Documation, Dem@t-tech) et siège à la Fédération des Tiers de Confiance du Numérique (FNTC), qui édite guides, référentiels et labels au service d’une dématérialisation de confiance.

L’offre de Cecurity couvre la chaîne complète : coffre-fort numérique pour les salariés et les particuliers, archivage électronique à valeur probante, solution ePaie pour les bulletins dématérialisés, plateforme agréée pour la facture électronique. Avec Cecurity, les données sont hébergées en France. Dès 2012, l’offre hybride du groupe permettait déjà une dématérialisation progressive : diffusion numérique pour les destinataires équipés, impression pour les autres, sans réorganisation interne.

FAQ dématérialisation

Quels sont les termes proches de dématérialisation ?

On parle aussi de digitalisation, de transformation numérique ou de passage au zéro papier. Ces termes ne sont pas strictement équivalents. La digitalisation englobe la numérisation de documents existants. La transformation numérique désigne un changement plus large de l’organisation. Le zéro papier est un objectif, rarement atteint en pratique.

La dématérialisation est-elle obligatoire pour une PME ?

Oui, pour plusieurs obligations : TVA, déclarations sociales, réponse aux marchés publics au-delà de 40 000 € HT, réception des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 et émission à partir du 1er septembre 2027.

Un document dématérialisé a-t-il la même valeur qu’un papier ?

Oui, si son auteur est identifié et si son intégrité est garantie depuis sa création (article 1366 du Code civil). Un système d’archivage électronique conforme et un coffre-fort numérique apportent ces garanties.

Peut-on détruire les factures papier après numérisation ?

Oui, depuis 2017, à condition de respecter les exigences de l’arrêté du 22 mars 2017 : copie à l’identique, format PDF ou PDF/A, cachet ou signature, horodatage, conservation six ans.

Combien de temps un bulletin de paie électronique doit-il rester accessible ?

Cinquante ans, ou jusqu’aux 75 ans du salarié. C’est la raison d’être du coffre-fort numérique personnel.

Quels sont les principaux risques de la dématérialisation ?

La perte de valeur probante, la fuite de données personnelles et l’exclusion des publics éloignés du numérique. Chacun se traite par une méthode : archivage conforme, respect du RGPD, maintien d’une alternative au numérique.

Partager cet article

Restez informé !

Abonnez-vous à notre newsletter

  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.

A lire aussi

Article
Comment circule une facture électronique, comment choisir sa plateforme agréée. Le guide complet, du parcours au
En savoir plus
Article
Obligations légales, durées de conservation, étapes de mise en œuvre. Le guide complet pour les DRH.
En savoir plus
Article
La transformation numérique des collectivités territoriales s’accélère, préparez la dématérialisation de vos bulletins de paie !
En savoir plus
Cecurity.com
Téléphone Email